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Bric-à-Brac
Walter Obensphul
2/12/11
Walter Obensphul était l’un de ces avant‑gardistes, l’un de ces précurseurs de la cuisine moderne; un explorateur, le Livingstone du marmitonnage doublé d’une véritable âme de chercheur. Si la bouffe avait eu une théorie de la relativité, Walter Obensphul l’aurait décryptée et transformée en soufflé frais aux émulsions de chiffres en un tournemain et en…
Le Désir de la culpabilité
29/09/11
– Cette ampoule que vous enfonciez délicatement dans le culot avec vos doigts fébriles et impatients…, susurra le praticien.
– Visser, docteur, visser. On n’enfonce pas une ampoule, ce n’est pas un suppositoire, précisai-je.
– Oui, enfin, je m’exprimais au niveau du symbole, s’emporta-t-il. Est-ce que cela vous a apporté du plaisir, évoqué du désir, porté à frémir ?
Le Paragraphe du doute
27/09/11
L’atmosphère était plus que lourde, chapeautée de ce silence que personne n’osait briser. Amédée leva les yeux vers Sylvette :
– Je suis un artiste incompris, ma mort ne sera que le couronnement de mon existence incomprise, je n’ai plus qu’a disparaître, je vais de ce pas me suicider.
De la globalisation diversatoire et autres considérations internationales
1/06/10
Je vois déjà, sur vos lèvres tendues, gercées, closes ou pulpeuses, se dessiner les contours mondiaux de ce que vous considérez comme la diversité globalisante au sens large du terme.
La diversité c’est mondialement world et enrichissant, Marcel me le disait hier encore à la buvette de son échoppe de vents en boîte : C’est inévitable et c’est sain.
Bruit
17/01/06
Il avait gueulé. Impressionnant. Les mioches n’en revenaient pas : cela faisait bien quatre ans qu’on leur avait dit qu’un jour, sans doute, il s’énerverait et qu’ils s’en souviendraient. À force de repousser les limites, de tenter les barrières en continuant de l’observer d’un œil discret, ils avaient fini par imaginer que l’impassible était de cire. Il ne bronchait pas, arborant toujours ce léger sourire au coin des lèvres, vivace comme l’œil mou d’un lion après la gazelle.
Adieu pipelette
12/01/06
Le fourneau usagé du chalet a été remplacé et donné. Nous lui souhaitons bonne chance dans son nouveau lieu de travail, une bergerie de l’Ardèche. Quelques conseils pour son nouveau propriétaire.
Somnambule
22/12/05
Vraiment, les rues ne sont plus sûres de nos jours, marmonna Claire, jetant un regard réprobateur à l’arrêt de bus d’en face que jonchaient pêle-mêle mégots de cigarettes et canettes de bière bon marché.
La cinquantaine déjà passée et le brushing impeccable, Claire était assise le dos droit sur le banc d’un arrêt de bus. La froideur nocturne de novembre engourdissait ses membres et refroidissait du même coup son humeur déjà glaciale. Mais pourquoi diable fallait-il que les taxis fassent grève justement aujourd’hui ?
Raclures
4/10/05
Mon grand-père, Opa, ne souffrait nul gaspillage. Prince de la Bricole, il ne manquait jamais de récupérer une vis ou un clou, n’hésitant pas au besoin à les redresser dans un étau. Satisfait de ses prises, il les rangeait dans de petites boîtes en plastique transparentes, glanées chez un de mes oncles qui travaillait dans une entreprise parisienne de cosmétiques de luxe. Ornées d’une rose dorée, ces boîtes suggéraient une atmosphère de délicatesse féminine qui tranchait curieusement avec leur vocation ultime.
Le Dernier souffle
6/09/05
Le dernier souffle.
Un pas.
Ainsi on avance encore.
Après.
Deux pas.
Le sol ne s’effondre pas.
Thérèse en mission
12/07/05
Selon Thérèse, il n’y avait au monde que deux types de personnes sur cette terre donnée par notre Dieu à tous, le Seigneur tout puissant : ceux qui savent, et qui sont donc appelés à sauver les autres qui ne savent pas, et ceux qui ne savent pas, et qui doivent donc, par déduction simple et logique, être sauvés par ceux qui savent.
