Le Courrier – Cruchon, Messie malgré lui

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Cruchon, Messie malgré lui

Marc-Olivier Parlatano

«Lève-toi et miaule.» Ces quatre mots lâchés, un chat mort revient à la vie. Car, ô surprise, celui qui a proféré ces paroles, Gérard Cruchon, n’est autre que le nouveau Messie. Dans son premier roman Les Maux du prophète, le Genevois Mark Levental se rit de l’omnipotence et de ses limites en brossant le portrait d’un prophète aux deux mains gauches. Paresseux, obèse, cynique, porté sur l’abus de bière, le protagoniste aux airs d’anti-héros est poussé à se révéler au reste du monde. Mais il se rend compte, non sans effroi, que sa mission cosmique le dépasse.

Cruchon, porteur d’un nom peu propice à évoquer l’élévation d’esprit, n’a après tout pas postulé à un emploi de Messie. Tout est parti de discussions entre Michel et Gabriel, les deux archanges, qui ont choisi de recruter le nouveau sauveur à Genève. D’emblée, ils ont écarté l’Inde, pensant que l’arrivée d’un héros céleste ne serait perçue là-bas que comme la venue d’une divinité de plus dans le paysage. Ils ont renoncé à choisir le futur Messie en Palestine, région trop à risque selon les comparses de l’empyrée. C’est ainsi que Gérard Cruchon est élu aux bords du Léman. A lui d’écrire «les nouvelles volontés de Dieu». Suivent des péripéties burlesques un peu partout à Genève, des Eaux-Vives à l’Usine où Cruchon change l’eau en vin, jusqu’à ce que l’infortuné Messie passe pour mort. Sauf qu’il ne meurt pas: il erre sur l’océan, prêt, sans doute, à surprendre le monde… Drôle et décapant!

Article sur :

Les Maux du prophète

 

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