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| Quatre juin |
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Foutue canicule On est pas le quatre juin. C’est impossible. Quatre juin. Les premiers souffles m’ont réveillé vers cinq heures. Pas l’ombre d’une quelconque humidité. Juste une vague d’air chaud pure et simple. Un de ces courants qui te prend à la gorge. L’autre cruche l’avait dit avec sa voix à fourguer de la lessive : Des températures en hausse, quasiment de saison. Saison mon cul ; le mercure tape les cinquante degrés. Il est à peine dix heures. On est au milieu de ce néant. Même les scorpions se sont tirés. Le sable semble vibrer, il monte en température. On dirait qu’il renaît, que des sens l’habitent. L’air frémit, l’horizon commence à onduler. Quatre juin. Il est midi et je vois un type chancelant qui arrive vers le bloc. Juste une silhouette dans cet horizon incertain. Il s’approche. Je vais pas ouvrir. Soixante degrés dehors, ce hublot est ma seule chance de survie. Le type s’approche, il a l’air de souffrir. Le bloc grince. Le soleil le transforme en vieille poêle oublié sur un feu. Il ne reste plus qu’a espérer que le compresseur ne lâche pas. Le type est en train de s’effondrer devant la porte Il a eu un regard terrible. Il m’a fixé dans les yeux. J’ouvre pas. Le type a arrêté de gémir vers quatorze heures. J’aurai bien voulu ouvrir finalement mais le thermomètre à lâché. On a passé la barre des septante degrés. Je suis sûr d’avoir pris la bonne décision. J’ouvre pas. Je ne connais même pas ce type si ça se trouve. Le compresseur a eu un raté. Merde. Je vois plus le type par l’autre hublot. Il y a des traces de pas. Elles se dirigent vers le petit hangar du compresseur. Encore un raté. Je vois le type en train d’ouvrir la porte du local. Merde. J’aurais dû fermer cette porte aussi. Le compresseur s’est arrêté. Le type ressort du local. Il tient les sacs de glace du compresseur de secours. Derrière le hublot, la température grimpe. Je ne peux plus toucher la paroi du bloc. L’aluminium grince. La porte s’est tellement déformée qu’elle est bloquée. Merde. Le type dehors a retrouvé des couleurs. Il sourit en me regardant. Il est à poil dans la glace déversée à l’arrière de la camionnette. De la fumée sort du hangar. J’arrive plus à respirer. Il est seize heures. Le soleil commence à disparaître derrière les monts. Je voudrais hurler. Mes cordes vocales sont sèches. Tout se trouble. Je brûle. La camionnette démarre. J’entends le type qui rit. Merde. 4 juin. J’aurai dû ouvrir la porte. |
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