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Ainsi le monstre a serré des mains et les a salies à jamais, puis le monstre a parlé et il a prononcé les mots insupportables qu’on attendait qu’il dise aux humains de bonne foi et de bonne composition qui feignaient de croire qu’il ne les dirait pas. Alors les humains de bonne foi et de bonne composition se sont drapés dans leur toge courroucée et ont utilisé les plus beaux superlatifs de leur dictionnaire diplomatique pour exprimer au monstre à quel point il était un monstre et lui certifier qu’il n’était au monde de monstre plus monstre que lui!
Les massacreurs du Kivu, les tueurs du Darfour, le sourire satisfait de Poutine sur le cadavre faisandé d’une Tchétchénie indépendante... Du flan! Des massacreurs de pacotille, des rigolos! Un charnier fait moins frémir qu’une diatribe du monstre. Car le monstre pourrait appuyer sur le bouton nucléaire, là, maintenant, tout de suite... Et les bombes iraniennes sont un camp de concentration volant (Shimon Pérez, président travailliste d’Israël). Même le merveilleux humoriste transalpin, Sylvio Berlusconi, ne renâcla pas à la comparaison avec Hitler. Car le monstre mérite d’être comparé au pire des monstres pour inspirer l’horreur, pour que les peuples de bonne foi et de bonne composition, comprennent que si on le laissait faire, le monstre conduirait le monde à sa perte en moins de deux, par sa volonté diabolique.
“Le rôle du président de la République d’Iran s’inscrit dans un cadre subtil de pouvoirs et de contrepouvoirs, les décisions importantes se prenant collectivement, par consensus” (1)
N’est-il personne pour comprendre à son sourire satisfait d’Iznogoud enfin devenu calife que ce personnage ressemble à Dieudonné, à Le Pen, à tous ces populistes qui se nourrissent du scandale et en tirent leur pauvre aura de pauvres types – sinistres figures certes – mais aux imprécations foutrement vaines? N’est-il personne pour voir que toutes les indignations apocalyptiques de philosophes qui n’ont pas révisé leurs cours d’histoire confortent le monstre dans son rôle d’opposant absurde à un monde qui l’est plus encore?
“Élu pour quatre ans au suffrage universel, le président de la République peut se présenter deux fois au maximum” (1)
Non, le monstre n’a pas neuf vies, le monstre n’est pas vissé ad aeternam sur le podium du pouvoir et ce qui l’y rattache est, avant tout, son statut d’infréquentable, d’opposant numéro un (autoproclamé) au monde tel qu’il va, tel qu’il se dirige, avec sa morale qui doit tout à Wall Street et pas mal à Guantanamo. En grande difficulté électorale (eh oui, on vote en Iran! Et si la démocratie n’y est pas intégrale, elle reflète une lutte réelle entre des courants et aura des conséquences directes sur la vie des femmes iraniennes, des juifs iraniens, des chrétiens iraniens...), le monstre vient faire son show parce que la démagogie est la seule arme qui lui reste et indéniablement celle qu’il manie le mieux.
Ahmadinejad n’est qu’un furoncle, une varicelle, un comédon qui disparaîtra de la face du monde avec un peu de chance en juin 2009, si les humains de bonne foi et de bonne composition comprennent à temps que leurs invectives sont pour le monstre, le plus fameux des tapis rouge.
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(1) http://www.politique.com ou tout site et bouquin un poil sérieux sur le système politique iranien.
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