Animal déchet, un concept de brutes
 

Il y a tout juste un an, en Guadeloupe, j’ai assisté à une réalité dont je ne suis pas près d’oublier l’horreur : accompagnant des amis français dans une décharge publique parce que je ne croyais pas à leur histoire, j’ai eu la fort désagréable – c’est un euphémisme – surprise d’y découvrir, ce jour-là, un jeune chien totalement déshydraté qui agonisait dans les déchets. L’ami, qui l’est aussi des bêtes, doit se rendre régulièrement pour son job dans diverses décharges, tant en Guadeloupe qu’à Marie-Galante, il y sauve toutes les semaines des bestioles jetées là, vivantes, jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans l’indifférence de notre société de consommation. Jusqu’ici, il en a déjà sauvé des dizaines – autant sont mortes – avec l’aide d’un vétérinaire qui essaie d’éduquer la population. Je suis rentrée infiniment triste et rassurée, me disant que dans notre belle Suisse à croix blanche, les animaux ne subissaient pas de telles monstruosités.

Illusion! Depuis plusieurs mois, la presse se fait le témoin d’affaires aussi atroces, là, près de chez nous : récemment, à La Chaux-de-Fonds, un chaton retrouvé mourant dans une poubelle... a été amené à la SPA. Tout le monde applaudit : eh bin voilà, il est sauvé. Que non, celui-là n’a pas survécu. Dommage que la presse locale ne suive pas ces misérables histoires qui n’intéressent personne, au fond.

En terre vaudoise cette fois, c’est une chatte et ses petits que l’on extirpe d’une benne, ceux-là vivront grâce à l’énergie de la mère qui a tellement hurlé qu’on l’a entendue et sauvée, ou cette autre maman chatte, enfermée dans un carton ficelé (!) balancé dans un container… Elle est parvenue à faire des trous dans son cercueil afin d’aspirer un peu d’air. Elle a même continué à nourrir les bébés. Les services de la voirie l’ont surprise là et tirée de sa posture où l’avait jetée la cruauté humaine.

De telles infamies, le quotidien en regorge : lapins, cochons d’Inde, hamsters, hop, à la poubelle, en vie de préférence; poissons rouges aux chiottes comme du vulgaire papier-cul. Et aucune loi pour les protéger, aucune morale humaine, aucun amour simple, aucune réflexion pour empêcher ce geste déshonorant qui est celui des lâches. Devant des comportements aussi méprisables, il n’y a rien à ajouter.

Si : espérons qu’un jour la prison récompensera ces petits salopards de la vie ordinaire, qui n’ont pas le courage de se salir les mains… ou de débourser quelques francs pour offrir une mort décente à leurs animaux de compagnie.

Prêtez l’oreille à vos poubelles!

 
 
Bernadette Richard
 
 
 
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en aucun cas une quelconque position de Cousu Mouche, association
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