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Bernadette Richard
Bernadette Richard est née à La Chaux-de-Fonds en 1951. Elle écrit depuis l’âge de 12 ans et travaille comme journaliste depuis 1981. Elle publie régulièrement des nouvelles dans différents médias en Suisse et à l’étranger. «Bernadette Richard a une particularité qui résume assez bien le personnage. Lorsqu’elle téléphone, elle ne prend pas la peine de s’annoncer ou de demander à son interlocuteur comment il va. Non. En principe, elle ne s’encombre pas de convenances et entre immédiatement dans le vif du sujet. Ce qui se traduit par un grognement ou un cri de colère, en fonction de l’actualité. Et puis ça se calme. Bernadette Richard, on peut l’appeler la sorcière, la rate, l’extra-terrestre, parfois même tata Berna et ça la fait rire.» -- M. Goumaz -- Bernadette Richard est journaliste et a publié bon nombre de romans. Pour plus de renseignements, visitez son site Web : http://www.berna-richard.biz.
Article par Bernadette Richard
Plein soleil
1/03/09
Elle avance. Déjà les pieds réduits en cendres effleurent à peine le sol. Le corps flotte, virevolte, danse au rythme des ergs. Mouvements grotesques, elle le sait, elle s’en moque. Elle ne sent plus la piqûre du scorpion, encore moins celle du verre acéré, le sable du désert.
Beau mec
1/10/06
Il faut dire que la fille est peu discrète. De cuir noir vêtue, chemisier de soie blanche ouvert sur des seins généreux, longue chevelure carotte ruisselant sur les épaules. Trente ans peut-être. Bien roulée, démarche affriolante, la séduction tapageuse. Assis au bar, Beau Mec l’a remarquée lui aussi. « Elle est pour moi », pense-t-il, sans en souffler mot à ses compères. Il se contente de respirer le parfum de la sirène, quand à deux pas du groupe affalé au bar, elle ondule, se coulant jusqu’à une petite table à l’écart des consommateurs. Pas longtemps seule, la rousse. Deux types lui proposent un verre. Elle refuse d’un geste nonchalant qui ajoute à sa brutale sensualité.
Un crime parfait
1/07/06
Au numéro 56 d’une rue maussade de la banlieue nord – « forcément maussades, les banlieues, peste l’homme à l’imper… de plus, je porte un imper de flic, maudit boulot où chaque détail s’inscrit dans un cliché » – une secrétaire blonde ne rentre pas, comme à l’ordinaire, par l’express de 19 heures 29. Et pour cause : on la retrouve écrabouillée sous ce même train, à l’entrée de la cité-dortoir.
La Fuite
1/09/05
La question risque bien de rester posée à tout vent, sans réponse susceptible de soulager ma conscience. J’ai beau retourner en tous sens les tenants et les aboutissants de l’affaire, je ne suis pas persuadé que ce fut la meilleure solution, mais aujourd’hui encore, je n’en vois point d’autre qui m’apparaisse plus raisonnable. Napoléon ne prétendait-il pas que la fuite n’est pas forcément une défaite ? Compte tenu de ma mauvaise volonté et de mon incapacité chronique à jouer le jeu du grand massacre social, sourire aux lèvres, papotages de circonstances, j’ai opté pour l’émigration, qui ne m’apparaît pas comme l’échec le plus cuisant de ma jeune carrière.
