• 17Fév

    Le Métis du village

    La Suisse est un pays rude, mais magnifique. Avec quelques efforts, celui qui vient d’ailleurs peut y trouver sa place. Quelques générations suffisent même parfois pour s’intégrer.

    © Cousu Mouche, 2010, tous droits réservés.

    Le Métis du village

    Paroles et chant : Michaël Perruchoud
    Musique, chant et guitare : Sébastien G. Couture

    J’me fais tout p’tit, je parle bas, je marche sur la pointe des pieds
    J’ai ma place au fond du bistrot, j’dérange pas les habitués
    Je n’donne jamais mon avis, j’suis trop heureux que l’on m’accepte
    C’lui qui pinaille ou qui milite, c’est bien normal qu’on le rejette
    Je suis le métis du village

    On me repère comme le loup gris, le mouton noir, ça la fiche mal
    Je marche comme un funambule sur les frontières municipales
    J’n’ai pas de vignes sur cette terre, j’n’y ai pas fait ma communion
    Alors pour donner le change, j’cotise à treize associations
    Je suis le métis du village

    Mon patronyme râpe sur leur langue et mon patois est un peu court
    Si j’aspire à la tolérance, faut pas rêver de leur amour
    C’est au cul des mêmes bovins que l’on forge ses sentiments
    Les pelles se manient sans entrain quand on n’laboure pas le même champ
    Je suis le métis du village

    Mon père venait de Cossonay et ma mère de Cortaillod
    Avec ma femme née à Boncourt je fais tache sur leur tableau
    J’n’ai pas les yeux, pas le visage, pas leur façon de m’exprimer
    Mais chaque jour avec courage, j’essaie quand même de m’intégrer
    Je suis le métis du village
    Je suis le métis du village

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