Tous les articles par Abigail Seran

Still Loving You – Scorpions

Aussi attendu que redouté. Il fallait que l’ambiance ait bien pris, mais qu’il ne soit pas trop tard. Timing fin, choix particulièrement épineux, la réussite de la boum était à ce prix. Trois, quatre grand maximum, le temps des rapprochements, de voir si vraiment l’échange de regards, les indications de la copine qui avait passé la soirée à dire que lui, là, c’est sûr il en pinçait. Et puis, les premières notes lentes, le saxo caressant de Careless Whisper, le mec qui hésite, peur de se prendre un râteau, la cops qui glisse sur la piste et lui fait signe peu discrètement de se lancer. Ne pas faire tapisserie toute une chanson. Honte suprême. Aviser une soif inextinguible pour se donner une contenance, par chance le beau brun n’en a pas invitée d’autre. China in Your Hand susurre T’Pau. Pourquoi ce n’est pas le quart d’heure américain que je lui mette le grappin dessus. Respecter les règles. Il me tape sur l’épaule aux premières notes de Take my Breath Away, ça ne laissera que quelques minutes pour mieux faire connaissance. Mais pour l’instant, j’ai juste les mains moites et le cœur qui va lâcher. Ceux qui ne sont pas en couple attendent la fin de la guimauve. Les pas s’enlacent, les corps se frôlent. Le synthé, je l’entends moins lovée dans son cou. Une bonne âme met les Scorpions. Still Loving You. Cette chanson-là me fera toujours frissonner. Quel que soit mon partenaire. Il avait une petite mèche rouge sur sa nuque et m’a offert mon premier slow.

Love in the Dark – Adele

Adele c’est cette voix qui envahit tout l’espace. Jusque-là, le live at Royal Albert Hall me servait de bande son pour aller courir, cet exercice périlleux qui consiste de loin en loin à tenter de ne pas étouffer en montant et descendant dans les vignes de Lavaux.

Et puis, il y a eu Hello. Ce Hello reprit partout, tout le temps, à peine sorti que déjà on le brocardait, détournait. J’ai acheté l’album 25 qui le comprenait. Un geste presque suranné tant, depuis si longtemps, je n’achetais plus de CD. Mais celui-là, il me le fallait. Je l’ai glissé dans l’autoradio de ma voiture, un des derniers endroits où il existe encore des lecteurs. Et c’est alors que les kilomètres ensemble ont commencé. Avec la guitare sèche, avec le velours des violons, avec tout l’orchestre symphonique, portée par cette voix envoutante, un peu triste, mais toujours puissante. Et je suis tombée amoureuse de la chanson numéro 8. Celle qui commence par quelques notes profonde de piano. Celle qui me ferait m’arrêter au bord de l’autoroute pour fermer les yeux et savourer chaque mot, chaque son. Celle qui fait que je me sens nostalgique, vivante, en attente, transportée. A chaque fois que l’on arrive à But I want to live and not to survive, j’ai les larmes aux yeux. A chaque fois que l’on atteint ce dernier couplet, je sais que je pourrai repartir dans d’autres projets, d’autres élans, elle est mon booster de confiance, mon carburant total. C’est une chanson de rupture et pourtant, pour moi, elle est celle de la renaissance. A chaque fois. Parce que moi non plus je ne peux pas aimer dans le noir.