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Est-ce ainsi que les hommes vivent ? – Léo Ferré

Il est des chansons qui nous accompagnent notre vie durant. Ce sont le plus souvent des chansons à texte ou même des chants religieux, dont le pouvoir d’envoûtement demeure intact après des décennies d’odyssée. Elles ne sont pas éternelles, elles sont actuelles ; c’est-à-dire qu’elles s’inscrivent dans un perpétuel présent. D’où sans doute leur incomparable puissance. Il serait faux de penser que nous réécoutons ces chansons, parce que ce sont plutôt elles qui nous écoutent, et qu’une année sans leur rendre visite est une année perdue. Je songe ici aux paroles des fortes chansons qui nous ont accompagnés.

Nous n’aimerions pas, à leur propos, parler aujourd’hui de parenté de sang, mais ces chansons où joue le moi d’une façon inégalable finissent par se mêler si intimement avec ce moi qu’on n’est plus trop certain de pouvoir décider, entre elles et nous, qui est le vrai porteur de l’identité. On sait étonnement vite quelle est pour nous la chanson idéale, et cette connaissance n’est pas fondée sur une connaissance de soi (toujours lacunaire, il faut bien l’admettre) mais sur le fait, autrement plus profond, qu’une chanson et une personnalité sont indissolublement liés. Il serait erroné d’imaginer que cette union provienne uniquement d’un sentiment partagé. Non, il faut chercher la cause de cette attraction ailleurs que dans une communion affective. Nous deux, de Ferré semble aller au-delà d’un seul amour réciproque.

Je crois que le propre de ce phénomène réside dans le fait qu’une véritable œuvre implique d’autres œuvres. Telle chanson de Brel en appelle une autre, de Ferré, de Barbara, de Brassens et, comme une sorte de mille-feuilles dont chaque étage entre en résonance avec d’autres étages, elle nous transporte aux différents degrés de nous-mêmes. Tant et si bien que la complexité des textes mise en réseau trouve un répondant dans la complexité des âmes et de leurs désirs. C’est ainsi que les hommes vivent ! Et leurs baisers au loin les suivent.

Ainsi, au moment où nous habite ce phénomène de résonance, une sorte de vague intérieure nous emporte et on reste là, debout face à la mer, à écouter les voix intérieures alors que la lumière prend la couleur de l’étain. Un vent frais vous fouette le visage avec des odeurs de nuit ; on entre dans un bar, on commande un bock de bière, et on regarde loin derrière la glace du comptoir, tandis que les paroles de Ferré se lèvent en nous :

Un port du Nord, ça plaît

Surtout quand on n’y est pas.

Ça fait qu’on voudrait y être

Ça fait qu’on n’sait pas bien

S’il faut s’taper le poète

Ou s’taper la putain.

 

Look What Love Has Done – Chris Whitley

Il y a des chansons qui, même si on ne les écoute plus, flottent encore dans un coin reculé de la mémoire, chantent doucement l’air précieux d’antan. Lueur infime dans la nuit des songes, trace subtile dans le timbre d’une oreille, courbe sinueuse marquée sur les mélodies qui viennent en gorge. À moins que ce ne soit là qu’images romantiques pour faire l’histoire belle, remplir de fantasmes le vide incertain laissé derrière soi: de ces contes qui servent à tenir debout au présent, et qui peuplent demain de repères. Peut-être la chanson n’est-elle pas plus importante que son auteur et toute l’affection qui lui fut portée. Quinze ans pour remonter à la source. Je me souviens, les casques sur les oreilles, un grand magasin de la ville, la stupeur – le monde condensé tout entier au milieu du crâne, dans cette expérience d’écoute, d’immersion, d’invasion. Les hameçons se fichaient un à un sur ma peau: les diaprures de blues posées sur chaque note de guitare, la tristesse délicate dans les yeux de ces fêlures vocales, la rage désespérée venue du fond d’un autre ventre. L’étrangeté organique de ces arrangements, et quelque chose d’une détermination radicale, d’une fougue adolescente mûrie au feu de l’expérience. Mais j’ai dû penser ça autrement, alors: « Aouch, ‘tain c’est beau… » Ou plutôt rien pensé du tout: regard dans le vide, silence réflexif, sidération. Regarde ce que l’amour fait.

Ces chansons rangées sur le rayon, inscrites quelque part dans le sillon d’une platine, qui ont creusé de profondes saillies dans les veines du vivant, elles emplissaient des journées entières. Elles sont encore là sans y être. Qu’en reste-t-il? Fred était sans doute avec moi au magasin. Je tenais un joyau. Il y avait toujours cette petite atmosphère de compétition. Chris Whitley, ce serait ma pépite. Fier: moi qui ai découvert, regarde, écoute. Nathalie, elle s’appelait, c’est sur elle – si j’ose dire – que notre amitié a posé sa première connivence. Collège, semaine une, il était assis à côté de moi dans le couloir, on se connaissait de vue mais on n’avait encore jamais discuté. Nathalie est passée… Silence (l’amitié et les silences). On se regarde (l’amitié et les regards). Mines déconfites, paupières désolées, mâchoires perplexes, premiers mots: on était d’accord (l’amitié et les filles). Mais j’étais quand même plus croché que lui. Grave. Trois ans sans oser un mot. Même pas durant les dix minutes du remonte-pentes 4 places où nous n’étions que les deux. Rien qui sort. Sidération. J’aurais aimé lui chanter: « Look what love has done »

Oui, j’étais plus amoureux de Nathalie que lui. Disons que moi je l’étais vraiment, lui se rinçait les yeux: elle faisait pleurer. Elle avait la grâce délicate, angélique. Et j’étais plus dingue de Chris Whitley aussi. Fred jouait de la batterie, écoutait du jazz, délirait sur Elvin Jones. Moi je me glissais dans la peau du guitariste-chanteur, l’identité confusionnait. C’est de tous les disques, Living with the law, celui sur lequel j’ai le plus chanté – à des hectares de circonférence. Pourtant la guitare en open tuning, l’expertise de la main droite, le slide, tout ça me laissait sans repères, incapable d’apprendre les morceaux, à jamais tenu dans les zones d’un désir parfait: inassouvi et fleurissant. Le dobro aux crasseuses métalliques, les accords, ça ne ressemblaient à rien de ce que je connaissais, sinon quelques évocations des disques de mon père. (Je vois la fourre jaune d’un Big Billy Bronzy terreux et magnifique). Fred, c’est le meilleur ami qui m’a permis de franchir les années crasses, métalliques, désaccordées de l’intérieur, avec qui je pouvais parler de l’expertise de la main droite, de nos désirs inassouvis et fleurissants, des chansons qui nous restaient coincées dans la gorge devant ces filles trop belles. Nos regards leur glissaient dessus comme un slide sur des cordes, sauf qu’elles ne semblaient jamais entendre la belle musique de nos émois. Ça nous rendait tristes, quand même. Regarde ce que l’amour fait.

On avait eu droit à un traitement de faveur du prof de latin: un cours en privé, lui et nous – et c’est pas parce qu’on était particulièrement brillants, le traitement de faveur. On n’en menait pas large. On aurait dit César, vraiment. Un grand brun royal, une gueule imposante, la voix sévère, tenue altière, immense. César en personne nous enseignait le latin. C’était des séances de frayeur, chacun comptant sur l’autre pour se tirer de la panade, plongeant le nez sur le bureau, devinant les pieds de l’empereur juste là, à un mètre de nous, terrifiant. Son empire n’a rien pu pour sauver nos frégates en perdition: les déclinaisons déclinaient, on n’avait pas l’amour de la rosam… La scansion et nous, c’était comme essayer de joindre les beats d’Elvin à la diction de Chris: hors de portée. On avait des sanglots de rire en sortant de là, les paumes moites et les fesses fébriles. Parfois j’imagine cette période sans ce lien de confiance, sans le privilège de notre amitié, et je frissonne à la solitude écrasante qui se dessine. Sidération. Regarde ce que l’amour fait.

J’aimais les lancées aiguës proches du cri, les décrochages du larynx, le mélange de rugosité et de douceur. Il y avait une jouissance à l’écouter, Chris, et à chanter avec lui. Ça exultait quelque chose, c’était poétique et brutal, ça sentait la sueur, l’intimité, la tendresse, c’était à la fois complexe et direct, palpitant. It’s hard living with the law. C’est dur de vivre avec la loi. Mais c’est sans doute bien pire de vivre sans elle. Les lois de la camaraderie faisaient un pendant aux lois parentales, les lois scolaires donnaient l’occasion de rencontrer les lois des filles, et les lois de César resserraient celles de l’amitié! C’était une période de commerce intensif, légalement parlant. J’avais le respect de l’ordre bien imprimé dans les gestes. Les évasions musicales faisaient des respirations existentielles salvatrices. Pendant les cours, je jouais des solos dans ma tête: je voyais les doigts. Ivre dans le train vers Prague, Nathalie ayant quitté le collège et mon cœur depuis un moment, je chantais Chris Whitley pour les non initiés du couloir, Fred se marrait copieusement, et je ne sais pas trop a fortiori si mon généreux hommage au musicien lui fit vraiment honneur… C’était la fameuse semaine du voyage de maturité. Celle où j’ai vu mes premières étoiles contre les lèvres de Tizi: mon initiation à la vraie langueur d’un baiser, je l’avoue – « no one can disguise » – et à la vraie douleur d’en être aussitôt privé – « somebody always crying somewhere ». Regarde ce que l’amour fait.

On ne se rend pas toujours compte de l’importance vitale d’une présence. Un ami. Une chanson. Chris Whitley, peu le connaissaient, et je l’avais en source d’étonnement pour autrui, comme une étoffe à présenter. Je connaissais toutes les paroles par cœur, il y avait, dans l’estime que je tentais de me porter, ce faire-valoir, et l’aspiration à chanter un jour comme lui. C’est pas rien, comme forme donnée, structure d’intimité, fantasme identitaire. Chris est resté dans ma discothèque, le lien a changé, mais la passion renaît parfois de ses cendres quand j’écoute l’invraisemblable talent du songwriter décédé trop tôt, sans même que je ne le sache, 45 ans, cancer. Je me suis souvenu du tout premier interview que j’avais lu dans un Rock&Folk: il buvait des Coronas comme d’autres allument le prochain clope avec le précédent. J’ai ressenti comme un abandon de ma part: je ne l’avais pas suivi jusqu’au bout, et il était parti sans que je le voie venir – pour ainsi dire… Avec Fred aussi, le lien a changé. J’aurais aimé pouvoir user de ces registres vocaux où la parole échappe au contrôle, décrocher la colère rentrée, oser donner à la tendresse la vie de sa complexité, la rugosité de son vivant, évaser la panoplie de nos humeurs. Je ne pouvais pas. La proximité s’est trouvée parasitée de chants retenus, gangrénée de tumeurs symboliques au moment où nos vies prenaient la tangente. Elvin Jones, Chris Whitley, bifurcations. Désormais, il reste un profond respect, les allusions aux vieilles complicités, et tous les secrets échangés, le trésor des générosités reçues. Je me souviens d’une bouteille de champagne, vidée en douce derrière le collège pour fêter l’un de nos anniversaires: on savait se traiter. Ce jour-là, j’ai éprouvé toute la conscience du cadeau que constitue une amitié dans une vie. Je me demande si une chanson pourra jamais rivaliser – même la plus belle. Regarde ce que l’amour n’a pas su faire.

Mon enfance – Jacques Brel

Les craquements de l’escalier

La main courante froide et lisse, immobile

La tapisserie pivoine qui la borde

L’odeur du tabac embrassant la réglisse

La radio éructant des résultats sportifs

Des ambulances par la fenêtre

Des oiseaux qui s’en mêlent

Courants d’air, CLAC

« La porte, merde »

Et moi au bas de cet escalier…

Orteils froids, mains moites, un pas

La petite goute de sueur qui chatouille

et qui se fraye un chemin

sur le parterre fleuri de mon front

une jungle de boutons

Deux pas

la petite goute de peur

qui excite mon pantalon

Trois pas

Le coeur qui s’emballe

le cerveau qui remballe

sa bête assurance

Et maintenant je fais quoi ?

Je fais comment moi ?

La porte en haut de l’escalier qui s’ouvre

Doucement

Ah ben t’es là ?! Entre

La porte qui se referme

Baiser, cliquetis des langues

Gargouillis labiales

La chaleur de ses bras

Et le reste, et le reste

Tête vide, mains pleines

L’histoire du manchot

séduisant la gazelle

Et Brel à la radio

qui invite pour un moment

son enfance entre nos bras

Tout va bien finalement

Tout va bien

 

Bastien Leutenegger

Syracuse – Henri Salvador

Ok, ok… c’est quoi déjà le sujet? Ah, yes : « Je ne laisserai jamais dire que ce n’est pas la plus belle chanson du monde »… ha ! ha ! ha ! fastoche… en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’allonge, rubis sur l’ongle, les deux titres de « la plus belle chanson du monde » griffonnés sur mon smartphone se prélassant sur un coin de nappe de bistrot (c’est comme ça que font les Prévert, Leprest et compagnie quand ils accouchent de textes bien sentis comme celui-ci). Petit check online sur la toile du projet pour voir ce que font les autres… hop… ah ben crotte alors… je me suis fait chouraver Le Sud et Les Passantes

Bon ben… euh ok… je commande un Côtes-du-rhône (je ne laisserai jamais dire que ce n’est pas le plus beau vin du monde) et c’est reparti pour un tour de tête… Je vais pas aller farfouiller dans ma Grande Discothèque pour cueillir la belle, je veux que ça vienne tout seul, que ça coule de source… arrivé à demi-bouteille, après m’être tâté longuement, j’hésite entre Le Zizi et Je t’aime… moi non plus – quoi? – le tout sans résultat véritable – je commence à déchanter sérieusement … ça fait quand même quelques mois que je traîne ce poids (une belle chanson de Kanche d’ailleurs tiens, un peu sombre peut-être)… totalement paumé, la caboche en surchauffe… c’est une putain de colle quand même… genre « tu préfères ton papa ou ta maman? »…

Tiens ça me donne une idée ça… et si je prenais La mémoire et la mère – choix intello certes – ça fait trente ans que je comprends pas le fin fond des vers… ce qui est franchement formidable (ça s’use moins vite qu’un tube de Stromae par exemple)… ou alors pour rester en famille Ma Grand-Mère, de Mickey 3D… – choix original et indé (ils sont trois à se partager Thiéfaine quand même) – bon mais on va dire que je veux faire jeune… basta ! Et si je faisais dans le terroir ? Un truc swiss made ? Comparaison n’est pas raison, du père Sarcloret, ou L’Assassin, de Zedrus (tu me dois une bouffe au Vieux-Martin, Damien)… ah y’aurait aussi Je le garderai pour moi, de Romanens – c’est pas Tharin qui a commis le texte en fait ? (vous me devez des bières les gars)… ou alors Matin doux, du Bel Hubert ?

Quoiqu’ils sont peut-être un peu jeunes pour mériter ? Ce serait pas mieux que l’auteur soit mort… ou presque ? J’ai comme un doute… Un truc de Gilles, alors… ou d’Aznavour (ok lui il n’a que le compte en banque de suisse)… mmmh… bon mais là je vois aussi que y’a des petits malins qui font dans l’anglo-saxon… J’avais pas pensé à ça, moi. Nirvana, Cure, Louis Armstrong… mais si j’étends le domaine de la lutte à cette catégorie je risque de péter un câble… si je dois commencer à choisir entre Neil Young, Townes van Zandt et Hank Williams je ne vais plus m’en sortir du tout du tout… stop… Et puis surtout, en tant que programmateur d’un festival francophone, je vais me prendre une méchante soupe de reproches si je fanfaronne haut et fort que la plus belle chanson du monde finalement c’est quand même Black Bird, des Beatles, ou Wayfaring Stranger, par Johnny Cash, ou encore In The Pine ou même House of the Rising Sun… je dis ça au hasard… bon donc on va dire que « chanson » c’est francophone… (D’ailleurs musicalement c’est quoi la chanson au fond?).

Ah mais tiens je pourrais faire un coup product placement en choisissant une toune de mes artistes canadiens dont j’inonde le marché suisse… pas con ça… Non? Ah bon… J’essaye une autre piste alors. Et si « la plus belle chanson du monde » était forcément toujours liée à truc fortfortfort dans ta vie ? Ta naissance, ta mère, la première fille que t’as serrée dans tes bras (pis la deuxième, pis la troisième, etc.), tes gamins et puis ce que tu voudras écouter comme musique à ton enterrement. Il y aurait possiblement donc les disques que la sage-femme passait sur son Topaze pendant que ta maternelle était dans les douleurs : Joe Dassin (Le chemin de papa?), Dalida (18 ans?) ou un tube de Richard Antony (J’entends siffler le train?).

Pour le coup de la première fille et du baiser qui va avec, je me souviens que du baiser pas très précoce et puis le moment de la première vraie petite mort venue enfin y’avait pas l’électricité pour brancher le radiocassette, pour la naissance des gamins on s’est passé de musique, ce qui fait que nous voilà déjà à mon enterrement et là ce sera les œuvres complètes pour piano d’Erik Satie et c’est tout… et ça c’est pas du pipeau, c’est sûr et certain. Me voilà donc dans de beaux draps.

Bon, mais entre la première fille et la dernière bière, il y a quand même matière à fouiner au rayon des vaines quoi que laborieuses agitations de nos vies d’adultes mises en chanson par des contemporains reconnus: Miossec (L’amour et l’air), Bashung (Mes Bras) ou alors du côté des contemporains pas du tout très reconnus comme Hélin, Lafore, Kanche, Belin (et j’en passe)… il y aurait par exemple bien en lice la magnifique Chaos de Moran (pour les détails biographiques c’est «Si tu me payes un verre»). Ou alors l’enfance quand même? Vaste pays dont je ne vois plus les rives (ok c’est pas de moi ça) : Le générique de «L’Île aux enfants» et la chanson de Nounours dans «Bonne nuit les petits merdeux». Ou alors je fais mon gros malin à texte en piochant en vrac dans les classiques des grands allongés : Brassens (rien à jeter ou si peu), Brel (une sélection laborieuses et casse-gueule), Ferré… pardon Léo pour les connaisseurs (sur le tard et symphonique)… et puis Reggiani (bien sûr)… et tant que j’y suis je rajoute Renaud (attention on descend à la Belle de Mai)… aïe aïe aïe… Sœur Sourire priez pour moi, c’était quoi la question déjà ? Avec le temps tout ça s’en va vachement. Re-petit tour sur le blog où je m’aperçois avec horreur qu’entre temps on ma piqué La mémoire et la mère (ah bon c’est la mer,ok… désolé Maman) et donc.. ah ben merde… v’là Perruchoud et Bollinger qui commencent à ramasser les copies !!! Bon j’me lance… le truc de génie crac : je prends un ticket last minute pour Syracuse et ses grands oiseaux qui m’amusent à glisser l’aile sous le vent… ou alors l’Île de Pâques ? Ou pourquoi pas Kairouan ou les jardins de Babylone ? Quoi que le palais du Grand Lama c’est pas fait pour les chiens non plus… et si je me faisais une grimpette au Fuji-Yama ?… Ou alors le plan peinard au pays du matin calme à se la péter au vin de palme tout en tenant les chandelles aux amants de Vérone en faisait bien semblant de regarder les cormorans taquiner le poisson en écoutant chanter le vent ?
Avant que ma jeunesse s’use  (rire)
Et que mes printemps soient partis (ça c’est fait)
J’aimerais tant voir Syracuse
Pour m’en souvenir à Züri.

Ulrich Schuwey

Born to Die – Lana del Rey

J’ai les poils qui se hérissent alors que mon tacot enchaîne les tunnels de la Vallée d’Aoste.

À chaque virage, je m’éloigne un peu plus de tes baisers, de ta peau si douce, et mon cœur se serre. Cette voix, j’ai le sentiment qu’elle nous lie encore, alors que les mots de Lana devraient m’ôter tout espoir de retrouver tes bras.

L’amour rend con, dit Lemmy. Mais Lana lui rend tout son sens. Mes phares éclairent les murs, je repasse la chanson. La voix grave me rappelle ta douceur et retient mes larmes.

Tu me manques.

Quand on se retrouvera, on écoutera cette chanson ensemble et je te dirai combien mes heures étaient vides sans toi.

Maintenant, écoute-la. Je ne sais pas parler d’amour. Mais Lana Del Rey, elle en connaît un rayon, on dirait.

Mark Levental